Entre Copines

Les artistes no tabou : les femmes dans l’art et la manière !

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Artistes femmes ni muses, ni soumises ! Longtemps soumises au bon vouloir d’un père ou d’un frère pour être formées en tant qu’artistes, les femmes se font rares dans l’histoire des arts occidentaux.  

Même si l’on voit quelques talents féminins exposer à partir de 1860 au Salon de Paris, la carrière artistique institutionnelle est fermée aux femmes. L’école des Beaux-Arts leur est interdite, les commandes officielles d’œuvres originales sont rares et la misogynie fait rage. Les femmes artistes étant cantonnées aux genres considérés comme secondaires (portrait, paysage, nature morte) le modèle nu, base de l’enseignement artistique, leur est interdit jusqu’au milieu du XIXe siècle (elles auront ensuite le privilège de dessiner des modèles masculins en caleçon…).  

Les écoles d’art privées, comme l’académie Julian qui accueille les femmes à partir de 1873, dans des ateliers non mixtes, demande aux étudiantes un tarif double de celui des hommes ! Reste l’atelier de Rodin, qui accueille de nombreuses praticiennes, telle Camille Claudel, dont on ignore encore si le maître ne s’est pas parfois approprié le travail de l’élève… Autant dire qu’au début du XXe siècle, le parcours des femmes artistes est semé d’embûches.  

Si les artistes contemporaines ont davantage de visibilité depuis les années 2000, la parité n’est toujours pas atteinte. Et si l’Arc, au musée d’Art moderne de Paris, a parfaitement respecté la parité en 2007, il n’en est pas de même pour un lieu emblématique tel que PSI à New York, qui a montré cette même année seulement un quart d’expositions personnelles d’artistes femmes ! 

Megumi Igarashi 

 La passion de Megumi Igarashi, c’est donc de représenter des vulves, sous plein de formes différentes. 

L’objectif de son art original, drôle et esthétique, c’est de “casser le tabou de la représentation du sexe féminin” et de le “démystifier, alors que les illustrations de pénis font partie de la pop culture.” 

Pour elle, le sexe féminin est “vu comme obscène car il est trop caché, alors qu’il s’agit juste d’une partie du corps de la femme.” 

Louise Bourgeois 

Artiste hautement singulière, elle avait croisé les mouvements artistiques de son temps sans se laisser embrigader, « ratiboiser » disait-elle, conservant une liberté totale, réalisant une oeuvre unique structurée par ses émotions qu’elle recréait et exorcisait dans de multiples métamorphoses de formes et de matériaux. 

Son oeuvre ambivalente, violemment contradictoire, décapante et redoutable, à la fois vengeresse et réparatrice, à l’image de ses fameuses araignées « Maman », protectrices et terrifiantes, manifesta jusqu’à son terme sa puissance de renouvellement plastique. 

Laëtitia Bourget 

Laetitia Bourget a suivi des études d’art plastique à l’université de Bordeaux. 

Elle développe depuis 1997 une activité artistique sous diverses formes : vidéo, photo, édition, installation, intervention, sculpture, peinture… 

Elle est engagée, militant pour que les artistes connaissent de meilleures conditions de vie et de travail. Elle est l’auteur d’ouvrages de littérature jeunesse, qu’elle envisage désormais d’illustrer. 

Frida Kahlo 

Assurément l’artiste mexicaine la plus populaire au monde, Frida Kahlo a marqué l’Histoire de l’Art par ses œuvres poignantes et ses autoportraits bouleversants. 

Elle veut défendre la condition et l’émancipation des femmes mexicaines. Dans cette société au demeurant machiste, elle veut porter la voix de toutes ces femmes silencieuses et soumises. Cette figure de femme moderne lui colle à la peau. Elle n’hésite même plus en affichant publiquement sa bisexualité. 

Artistes no tabou

Jen Lewis 

Selon l’artiste : « Chaque image est bien plus qu’une image grossière ou vulgaire jetée sur un mur pour provoquer un choc de masse. La création de chaque œuvre est un processus en quatre étapes, guidé par le concept et l’intellect : la collecte des médias, la mise en page, la capture photographique et enfin la sélection des photographies. 

Le féminisme concerne autant les hommes qui promeuvent les droits des femmes que les femmes qui se battent pour le mouvement » 

John Anna 

Elle poste régulièrement les photos de ses créations. Récemment son art s’est, selon elle, « radicalisé », puisque la jeune artiste peint essentiellement avec le seul sang de ses règles. 

Elle le considère par ailleurs comme un « médium assez puissant » doté d’une « belle symbolique ». 

Elle m’explique pourquoi et comment elle arrivait à peindre avec un truc qui dégoûte à peu près tous les hommes et emmerde à peu près toutes les femmes. 

Florence Schechter 

Florence Schechter est une communicatrice scientifique, surtout en se faisant remarquer à l’écran et sur scène. Elle est comédienne, présentatrice, productrice vidéo, formatrice, et est également la fondatrice et directrice du premier musée du vagin en briques et en mortier au monde, car elle ne veut apparemment plus jamais dormir. 

En 2017, elle a lancé le projet de construction du premier musée du vagin en briques et en mortier au monde consacré à l’anatomie gynécologique et a reçu le prix « Women of the Future » dans la catégorie Arts et Culture pour son travail avec le musée du vagin 

Sonia Delaunay 

Sonia Delaunay-Terk est une artiste et une designer ukrainienne connue pour son utilisation audacieuse de couleurs dans des motifs géométriques abstraits. 

Ses peintures sont alors influencées par le fauvisme et présentent des couleurs vives. Le style unique qu’elle crée avec son mari Robert Delaunay, est une fusion du cubisme et du futurisme que Guillaume Apollinaire surnomme orphisme. Elle continue d’explorer cette esthétique tout au long de sa carrière à travers le textile et la décoration intérieure. 

Judy Chicago

Judy Chicago a fait de son œuvre un plaidoyer féministe. Créatrice inclassable, intellectuelle et militante, son travail est au croisement du pop art, du Light and Space et du minimalisme. Bien qu’avoir été baptisée « marraine du féminisme » par le New York Times, l’artiste ne fait pas l’unanimité chez les féministes. À la différence de beaucoup de créatrices, elle n’est pas dans le récit autobiographique, pas plus que dans la performance ou le body art. Elle agit plutôt en chercheuse, traquant les angles morts de l’Histoire. Avec le nouveau souffle donné au féminisme par le mouvement #metoo, Judy Chicago est plus sollicitée que jamais. Mais rien n’est acquis selon elle : « Le changement, ce n’est pas se débarrasser de quelques individus comme Weinstein, mais changer le système. » 

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